Le blog du livre "Modes de garde, Mode d'emploi" (Albin Michel)

D’accord il faut plus de places en crèche. Mais pourquoi ?

Photos : Alix Marnat

Pour encourager le travail des femmes ? Favoriser l’éveil des enfants ? Lutter contre la pauvreté ? Et si aucune de ces raisons n’était la bonne?

J’ai assisté mercredi dernier à un débat organisé par le Laboratoire de l’égalité au café Monde et Média, intitulé : « Développer les modes d’accueil des jeunes enfants pour faciliter l’emploi des parents ».

En introduction, la présidente du labo, Olga Trostiansky, s’est émue des récentes coupes budgétaires (lire l’article du monde) qui compromettent les objectifs de création de nouvelles crèches alors même que leur nombre « stagne depuis 2008 ».

L’économiste Hippolyte d’Albis a ensuite rappelé la nécessité de créer des modes de garde pour sauver nos retraites (la population vieillit donc il faut plus de femmes sur le marché du travail) et promouvoir l’égalité entre les sexes.

Un peu à contre pied de ce plaidoyer « classique », la psychanalyste Sylviane Giampino, (qui est longuement interviewée dans le livre) a donné un autre éclairage sur cette situation de pénurie. Selon elle, on se trompe quand on dit qu’il faut créer des modes de garde pour encourager le travail des femmes, sauver l’économie ou réduire les injustices et les inégalités. Toutes ces justifications montreraient que nous sommes loin d’être arrivés à maturité sur ces questions.

Pourquoi alors faudrait-il créer plus de solutions de garde, demandez-vous ? Tout simplement pour que les femmes ET les hommes puissent travailler en étant rassurés sur ce qu’il advient de leur enfant. « Un individu a besoin de s’exprimer et de prendre place dans la société, la plupart du temps en s’engageant et en travaillant, résume t-elle. Il est normal que la collectivité se donne les moyens de soulager les parents. Or aujourd’hui on leur dit « il n’y a pas de place pour votre enfant ». C’est la première entaille à l’exercice de leur parentalité ».

Une pénurie qui n’est pas qu’une question de chiffres: « Ceux qui créent des modes d’accueil s’intéressent de moins en moins à ce que vivent les enfants » a-t-elle alerté. En renonçant notamment à mettre en place une formation de qualité pour du personnel de plus en plus difficile à recruter.

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